MP3 à Paris (ELTE 9)

La terre, petite planète du système solaire. Une petite planète, parfois calme, parfois bruyante. Une partie de ses habitants, amateurs de bruit, sons et autres paroles, décidèrent de se rassembler en un lieu, au plein milieu d'une grande ville.

Une longue file d'attente s'étant formée devant la petite place devant les portes. Les gens, à la queue-leu-leu, patientaient. Certains écoutaient leurs musiques favorites, d'autres jouaient avec leurs console portable, d'autres discutaient, ou lisaient, sous l'œil curieux et parfois inquiet des patients.

« Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, nous déclarons cette quatrième édition de MP3 à Paris ouverte. »

Sous les applaudissements, les portes s'ouvrirent. Les discussions prirent fin, et tous les objets utilisés à des fins d'occupation furent rangés dans les sacs.

Les visiteurs entrèrent.

Contrairement aux années précédentes, cette année, le salon se déroulait en surface, dans le patio, et non dans les caves de l'université. Les caves étaient utilisés pour un rassemblement de passionnés de jeux de rôle.

N'ayant pas la même contrainte de taille, le salon pouvait accueillir deux fois plus de personnes que les années précédentes.

Le service de sécurité procéda au contrôle visuel des sacs des visiteurs. Après le pic d'activité lié à l'ouverture des portes et à l'affluence des personnes, les agents se relaxèrent.

« a priori , ça devrait être assez calme. Il n'y a pas de star ou de célébrité présente. Tout du moins, pas de grande célébrité connue au niveau mondial. »


Deux personnes s'approchèrent. Voyant les agents, ils se dirigèrent vers eux.

« — Bonjour, c'est bien ici le festival international de musique classique symphonique ?
— Ah non, pas du tout. Ici, c'est le salon MP3 à Paris.
— Ah. Bah, merci. Au revoir »

Reprenant leur plan de Paris, les deux personnes s'éloignèrent.

« — Je t'avais dit que c'était un peu plus à l'ouest.
— Nan mais avec toi, c'est toujours à l'ouest. »

Les agents soupirèrent. La journée allait être longue.

L'horloge de la faculté sonna. Il était onze heure. L'heure de début des conférences.

Au bout de quelques instants, une secousse suivie d'un grondement sourd se fit entendre. Surpris, les agents se précipitèrent à l'intérieur. Ce qu'il virent les choqua. À la place de l'amphithéâtre se trouvait un trou. Le sol s'était effondré.

« Qu'est-ce que »

L'un des agents ne pu achever sa phrase, il tomba dans le vide.
L'autre agent s'éloigna, pris son téléphone et appela les secours.
Les badauds, intrigués par le bruit, s'approchèrent. L'agent, seul, ne put les contenir.
Le vide attira plus de personnes. Les gens tombèrent, attirés comme par magie.
Le trou s'agrandissait à vue d'œil, et commençait à déborder de la faculté.
Les passants, passant dans la rue, furent également happés.
La concentration de la masse au centre de ce vide atteignit une valeur critique.

Un trou noir se forma.


Et MP3 à Paris éclata.
La terre éclata également.